The Gladiators
The Gladiators, un nom comme une légende pour un reggae-band qui fait ses débuts en 1967, en face B d’un single des Ethiopians avec le titre « You are the girl ». Formé autour d’Albert Griffiths, le trio vocal compte également Errol Grandison et David Webber quand sort « Hello Carol », le tube qui va les propulser en haut de l’affiche. On est en 1968. Albert Griffiths est élu meilleur chanteur de Jamaïque. Mais David Webber connaît des problèmes de santé et Errol Grandisson ne s’accorde plus avec la philosophie du groupe. Griffiths devient quant à lui le guitariste des Stranger Cole ou des Burning Spear le temps d’un enregistrement au Studio One. Ce n’est qu’en 1975 que The Gladiators réapparaissent sur les ondes de l’île caribéenne avec « Bongo Red » : nouveau succès ! Albert Griffiths s’entoure alors de Gallimore Sutherland (chant / guitare) et de Clinton Fearon (chant / basse), formation dont la carrière va s’envoler. Portés par l’émulation internationale qu’a créée Bob Marley autour du « roots-rock-reggae », The Gladiators attirent l’attention de Virgin Records en Angleterre. Ensemble, il enregistrent l’album de leur consécration, Trenchtown Mix Up. Les textes y sont acérés contre les affres du consumérisme, enivrants pour l’amour et la foi rastafari. L’Europe les découvrent, ils enchaînent les tournées. D’autres albums suivront, plus ou moins réussis jusqu’au début des années 80. Après le décès du prophète Marley, leur label prévoit la fin de l’intérêt pour cette musique dans les pays du Nord. Les trois artistes sont remerciés. Ils rentrent en Jamaïque. En 1982, ils signent Live At Reggae Sunsplash avec leurs fameux compatriotes, Israël Vibration, production souvenir d’une scène partagée à Montego Bay le 4 août de la même année. Avec une trentaine d’albums derrière eux, The Gladiators demeurent une référence indéniable qui n’a jamais dévoyé au mouvement reggae-roots malgré l’influence des courants dub et ragga sur la scène jamaïcaine. Aujourd’hui, Clinton Fearon poursuit une carrière solo tandis qu’Albert Griffiths tente avec bonheur de passer le relais à ses fils, Anthony et Al, relais concrétisé dans Fathers and sons sorti en 2004. Ainsi, The Gladiators poursuivent encore aujourd’hui leur combat contre Babylone.
Emmanuelle Eymard
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